Aujourd’hui, la part de marché est
devenue le baromètre du CAC 40. Au moindre battement de cil,
c’est l’action qui dégringole. C’est aussi
la légitimité du patron d’un groupe de distributeurs
indépendants qui pourrait être remise en cause. Faire
progresser sa part de marché, à tout prix. Faire mieux
que ses concurrents, gagner de la part de marché, cela signifie
par exemple sacrifier ses prix pour augmenter ses volumes. La guerre
promotionnelle que se mènent les industriels des produits
de grande consommation procède naturellement de cette logique.
Le phénomène ne concerne que l’univers alimentaire,
les autres produits de grande consommation étant, pour l’instant,
«préservés». Les distributeurs avaient
annoncé la couleur l’année dernière :
objectif 50% des volumes en marques de distributeurs ; augmentation
du nombre de références économiques et classiques
; développement des gammes thématiques… il a
fallu faire de la place.
Défi pour les marques nationales «survivantes»
: animer le linéaire. C’est-à-dire investir,
seules, en innovation et en communication publi-promotionnelle.
Une, ou deux marques donc, qui vont devoir faire le travail qu’elles
étaient auparavant plusieurs à se partager. Auront-elles
les ressources suffisantes ? Le secteur de l’alimentation
était, en 2000, le deuxième investisseur en communication
publicitaire ; il est, en 2006, en cinquième position, (seulement
8% des investissements globaux), avec tout ce que cela signifie
en perte de visibilité publicitaire.
Si les marques de distributeurs ont un avantage concurrentiel majeur,
la disponibilité (la gratuité ?) de son espace linéaire,
à l’observation des grandes manœuvres qu’elles
ont opérées en 2006, on constate que leurs coûts
de gestion marketing des marques ne sont plus négligeables,
loin s’en faut. Les marques de distributeurs se retrouvent
confrontées peu ou prou à la même problématique
que celle des marques nationales avec, en outre, quelques handicaps
majeurs.
Dans une récente note de conjoncture, IRI France soulignait
qu’au premier trimestre 2007, les hard discounters progressaient
grâce à la présence croissante des marques nationales
dans leurs points de vente et les hypermarchés et supermarchés
grâce à l’essor de leurs marques propres.
Quelque chose qui cloche ?
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